Frédéric Fromet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a les chansons francophones qui allient des paroles et de la musique pour faire passer des idées, des histoires, des sentiments et des émotions... et Frédéric Fromet en déroule une autre forme : les chansons humoristiques.

Debout avec sa guitare au centre de la scène entre ses deux musiciens (contrebasse et accordéon) bien complices, quasiment sans bouger, il va chanter de sa voix agréable (légère et un peu nasale), et avec un bon débit une vingtaine de chansons. Elles seront chacune précédées de quelques phrases d’introduction qui mettent immédiatement le public dans leur climat ou expliquent leur genèse, et déjà enclencheront le rire. Il se moque bien gentiment des « vieux poulets de la chanson française », c’est-à-dire des amateurs de chansons françaises à texte… suivez le regard ! Et encore une salve avec l’accent qui s’impose sur nos campagnes ou d’ailleurs « Ah c’qu’on est bien cré nom de dieu / Chez les bouseux » avec les odeurs de la nature, en parallèle d’une autodérision sur les bobos parisiens. Tout ce qui, dans la grande actualité, peut être tourné en ridicule n’échappe pas à sa verve : l’extrême gauche de Lutte Ouvrière sur l’air de L’Internationale, l’évasion fiscale avec HSBC ciblée sur Gad Elmaleh dont les oreilles ont dû siffler, ou Mawine Le Peigne avec l’accent qui convient. Mais la vie quotidienne l’inspire aussi, les fous du footing et du foot, les incivilités « des vieux de banlieues » ou les émissions à sensation de la télévision dont le chapelet des titres forme le texte de la chanson ! Des idées originales naissent aussi des conséquences du monde moderne et il imagine tous les appareils électroniques en rideau, ou bien que les « petits merdeux à mobylette » qui vous réveillent et les « gros merdeux avec leurs 4×4 » se rentrent dedans en guise de rencontre, ce qui résoudrait le problème du bruit nocturne ; il y en a aussi sur les journées dédiées aux diverses causes, les sites érotiques, et une qui pourrait faire rire le pape et le président, inspirée par la suppression du ç dans les messages électroniques qui change la phonétique des mots : « Francoise, commercante aux idées préconcues »… Hilarant. Vers la fin du récital, des chansons plus engagées, comme « Dis-moi de quel pays tu viens / Je te dirai si t’es quelqu’un de bien » avec la chute « Moi, t’as compris, je ne suis pas du coin » ou comme « Les attentats expliqués aux enfants » sur l’air de Cadet Rousselle, donnent une épaisseur éthique au chanteur et une dimension sociétale à toutes ses chansons : la dérision permet d’exprimer des maux, de les dédramatiser et ainsi de commencer à résoudre les grands et petits problèmes de la vie actuelle.

L’œuvre de Frédéric Fromet est donc à la fois rafraîchissante, jubilatoire et salutaire. Il se situe dans la droite ligne des chansonniers qui faisaient au siècle dernier feu de tout bois politique, mais aussi de Ricet Barrier dans certains portraits ou de Pierre Perret dans certaines façons de pousser le bouchon plus loin qu’attendu. Faire rire en chansons n’est pas facile, mais Frédéric Fromet y parvient sans avoir l’air de forcer !

Vous le retrouvez tous les vendredis vers 17h50 sur France Inter.

https://www.dailymotion.com/video/xqgzx3_frederic-fromet-chanson-rigolote_fun?start=9

Entrée 19 €

Réservation au 06 87 90 58 58. Places numérotées.